Utagawa Kuniyoshi - Chapitre Un "Kiritsubo" – Hatakeyama Shigetada à Hiyodorigoe

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Description

Utagawa Kuniyoshi – Chapitre Un « Kiritsubo » – Hatakeyama Shigetada à Hiyodorigoe – Ukiyo-e original

Une estampe japonaise originale nishiki-e en couleurs d’Utagawa Kuniyoshi (1797–1861), issue de la célèbre série Wakan Nazorae Genji (和漢准源氏, « Comparaisons japonaises et chinoises pour les chapitres du Genji »), publiée par Ise-Yoshi en 1855–1856.

Cette feuille correspond au premier chapitre du Dit du Genji, « Kiritsubo » (桐壺, « Le Pavillon du Paulownia »). Plutôt que d’illustrer littéralement le roman de Murasaki Shikibu, Kuniyoshi utilise un mitate — une comparaison littéraire et visuelle imaginative — pour associer le chapitre à un célèbre épisode de l’histoire guerrière japonaise.

La scène représente Chichibu Shōji Shigetada, plus connu historiquement sous le nom de Hatakeyama Shigetada, guidant avec précaution son cheval sur la pente vertigineuse de Hiyodorigoe durant la guerre de Genpei. Les jambes de l’animal sont liées afin de mieux le stabiliser pendant la dangereuse descente, tandis que des guerriers en armure progressent sur le terrain escarpé et rocheux.

L’ukiyo-e est vendu encadré individuellement et prêt à être accroché.


Chapitre Un – Kiritsubo

Kiritsubo (桐壺), souvent traduit par « Le Pavillon du Paulownia », est le chapitre d’ouverture du Dit du Genji.

Il introduit l’univers raffiné de la cour dans lequel se développe le récit de Murasaki Shikibu. Kuniyoshi ne représente toutefois pas directement les événements du chapitre.

Il utilise au contraire son titre comme point de départ d’un mitate, en l’associant à un épisode historique ou légendaire distinct. Ici, l’élégance du monde de cour de l’époque Heian est mise en parallèle avec le danger physique et l’héroïsme guerrier de la guerre de Genpei.


Wakan Nazorae Genji

L’estampe appartient à l’importante série de Kuniyoshi Wakan Nazorae Genji (和漢准源氏), généralement traduite par « Comparaisons japonaises et chinoises pour les chapitres du Genji ».

La série utilise les chapitres du Dit du Genji comme structure tout en introduisant des épisodes tirés de l’histoire, de la littérature et des légendes japonaises et chinoises.

Au lieu de créer des illustrations directes du roman de Murasaki Shikibu, Kuniyoshi construit de savantes comparaisons visuelles, reliant les titres des chapitres à des guerriers célèbres, des épisodes historiques, des légendes et des récits classiques.

Cette feuille est répertoriée sous la référence Robinson S88.1.


Hatakeyama Shigetada à Hiyodorigoe

Le guerrier central est identifié comme Chichibu Shōji Shigetada (秩父庄司重忠), plus connu dans l’histoire sous le nom de Hatakeyama Shigetada.

Shigetada devint l’une des figures guerrières les plus admirées de la tradition japonaise, célèbre non seulement pour sa force physique et ses capacités militaires, mais également pour sa loyauté, sa discipline et sa réputation inhabituelle de douceur.

Kuniyoshi le représente lors de la légendaire descente de Hiyodorigoe, guidant soigneusement son cheval sur la dangereuse pente montagneuse.

Les jambes du cheval sont liées afin de mieux contrôler et stabiliser l’animal, soulignant l’extrême difficulté de la descente.


La descente légendaire de Hiyodorigoe

L’épisode appartient à la guerre de Genpei (1180–1185), le grand conflit opposant les clans Minamoto et Taira.

En 1184, lors de la bataille d’Ichi-no-Tani, Minamoto no Yoshitsune conduisit un petit groupe de cavaliers le long des pentes abruptes dominant la position fortifiée des Taira.

La manœuvre était si dangereuse et inattendue qu’elle devint l’un des épisodes les plus célèbres associés à la carrière militaire de Yoshitsune et fut ensuite reprise dans la littérature, le théâtre et les arts visuels japonais.

Kuniyoshi traduit ce danger par le paysage rocheux escarpé, la disposition comprimée des personnages et le puissant mouvement diagonal créé par le cheval et les guerriers en descente.


Shigetada et son cheval

Hatakeyama Shigetada fut particulièrement associé à une histoire mettant en avant sa compassion envers son cheval.

Selon la tradition, plutôt que de forcer l’animal à franchir la partie la plus dangereuse de la pente, Shigetada l’aurait porté lui-même pendant une partie de la descente.

L’anecdote devint emblématique d’un guerrier dont l’extraordinaire force physique était équilibrée par la bienveillance et l’attention portée à l’animal qui le servait.

Cette combinaison inhabituelle de courage martial et de compassion contribua à faire de Shigetada une figure durable de la légende guerrière japonaise.


La guerre de Genpei et la bataille d’Ichi-no-Tani

La guerre de Genpei opposa les clans Minamoto et Taira de 1180 à 1185 et joua un rôle décisif dans la transformation politique du Japon médiéval.

La bataille d’Ichi-no-Tani de 1184 se solda par une importante victoire des Minamoto. La descente de Yoshitsune depuis les falaises dominant les positions des Taira devint légendaire par son extraordinaire risque et son audace tactique.

Les épisodes de la guerre de Genpei restèrent extrêmement populaires pendant des siècles, apparaissant dans les chroniques, livres illustrés, Kabuki, traditions narratives et ukiyo-e.

Pour Kuniyoshi, l’un des grands maîtres de l’estampe guerrière, ces récits constituaient un matériau idéal pour créer des compositions dramatiques riches en mouvement et en action héroïque.


Le Dit du Genji

Le Dit du Genji (Genji Monogatari) fut écrit par la dame de cour Murasaki Shikibu au début du XIe siècle.

Il constitue l’un des chefs-d’œuvre fondateurs de la littérature classique japonaise et est fréquemment décrit comme le premier roman au monde.

À travers ses cinquante-quatre chapitres, l’œuvre explore la vie de cour, les relations, le statut social, la beauté, la mémoire, la perte et le monde émotionnel de l’aristocratie Heian.

Kuniyoshi aborde ce monument littéraire par la comparaison plutôt que par l’illustration directe, utilisant les titres des différents chapitres comme points de départ pour des associations historiques, littéraires et légendaires.


Utagawa Kuniyoshi – Maître de l’estampe guerrière

Utagawa Kuniyoshi (1797–1861), né Yoshisaburō à Edo, était le fils d’un teinturier de soie et entra dans l’école Utagawa vers 1811 comme élève d’Utagawa Toyokuni I.

Après avoir eu du mal à obtenir une véritable reconnaissance au début de sa carrière, Kuniyoshi connut un grand succès avec sa série de 1827 consacrée aux 108 héros du roman chinois Suikoden.

Le succès de ces estampes l’établit comme l’un des principaux créateurs de musha-e, ou estampes guerrières.

Sa réputation repose sur ses compositions dynamiques, ses figures puissantes, ses paysages dramatiques et son extraordinaire capacité à transformer des récits historiques et légendaires en scènes visuellement saisissantes.

Aux côtés de Hiroshige et Kunisada, Kuniyoshi est considéré comme l’un des derniers grands maîtres de l’ukiyo-e.


Musha-e – L’estampe guerrière japonaise

Les musha-e sont des estampes consacrées aux guerriers, aux batailles et aux héros légendaires.

Kuniyoshi devint l’un des artistes les plus représentatifs du genre, mettant fréquemment en scène ses héros dans des paysages tourmentés, face à des adversaires surnaturels ou dans des situations de danger physique extrême.

Cette estampe présente de nombreuses caractéristiques de son imagerie guerrière mature : figures superposées, armures élaborées, terrain dramatique et puissant sentiment de mouvement.

L’association du cheval en descente, des guerriers en armure et des rochers déchiquetés crée une composition parfaitement adaptée au danger légendaire de Hiyodorigoe.


Le cheval rouge et la composition dynamique

Le grand cheval rouge constitue l’un des éléments visuels les plus puissants de l’estampe.

Son corps traverse le centre de la composition en formant une courbe qui crée un puissant rythme diagonal suivant la descente de la montagne.

L’armure et les vêtements richement décorés de Shigetada introduisent des tonalités turquoise, bleues, rouges, jaunes et dorées, tandis que le paysage rocheux plus sombre fait ressortir avec force les personnages principaux.

D’autres guerriers en armure occupent les parties supérieure et inférieure de la feuille, renforçant l’impression d’un groupe comprimé dans un passage extrêmement étroit et dangereux.


Impression polychrome Nishiki-e

L’œuvre est un nishiki-e, ou estampe japonaise polychrome sur bois.

Cette technique nécessitait plusieurs planches gravées, avec des blocs distincts préparés pour les contours principaux et les différentes zones de couleur. Chaque bloc devait être imprimé avec un repérage précis afin de construire l’image finale.

Les couleurs conservées restent essentielles à l’impact visuel de l’estampe, notamment le rouge vif du cheval, les armures turquoise et bleues, les détails dorés et le contraste avec le sombre paysage montagneux.


Publié par Ise-Yoshi, 1855–1856

Wakan Nazorae Genji fut publié par Ise-Yoshi en 1855–1856, durant les dernières années de l’époque Edo.

L’estampe appartient donc à la période de maturité de Kuniyoshi, lorsque sa réputation de grand créateur d’images guerrières était déjà solidement établie.

Sa combinaison de référence littéraire, de récit historique et de conception dramatique de musha-e témoigne de la sophistication de l’œuvre tardive de Kuniyoshi.


Provenance – Collection du Dr Eugen Milch

Cette estampe provient de la collection du Dr Eugen Milch (1889–1958), médecin et artiste autrichien dont la vie fut marquée par de nombreux voyages à travers l’Europe et l’Asie.

Milch servit comme médecin militaire durant la Première Guerre mondiale et voyagea largement au début des années 1920 dans le cadre de séjours combinant études et peinture. En 1924, il épousa l’artiste Emma Bormann, et le couple se rendit en Suède la même année. Avec l’artiste Oskar Bergman, ils exposèrent plusieurs peintures à Liljevalchs, à Stockholm.

En 1937, Eugen Milch partit pour la Chine avec d’autres médecins autrichiens à l’invitation du gouvernement chinois. En 1938, il devint directeur d’un hôpital à Beihai, en Chine.

Après l’occupation japonaise d’une partie de la côte sud de la Chine, y compris Beihai, la famille Milch s’installa à Shanghai en 1941.

Eugen apporta ensuite son aide aux forces britanniques en Chine et obtint la citoyenneté britannique. Il voyagea par la suite au Japon afin d’étudier les conséquences de la guerre, et il est probable qu’il y acquit la présente collection d’estampes japonaises.

Il mourut à Hong Kong en 1958. La collection fut ensuite transmise par descendance au sein de la famille.


Estampe japonaise ancienne originale

Il s’agit d’une estampe japonaise ancienne originale (ukiyo-e), et non d’une reproduction moderne ou d’un retirage ultérieur.

Datée de 1855–1856, il s’agit d’une authentique œuvre de la fin de l’époque Edo, conservant le papier, les pigments, les caractéristiques d’impression et le vieillissement naturel propres à une impression japonaise originale.

Comme pour toute œuvre sur papier de cet âge, une légère usure est normale et attendue. Une légère tonalité du papier, de petites taches ou plis occasionnels, des salissures superficielles et de faibles marques de manipulation peuvent être présentes et font partie de l’histoire naturelle d’une estampe ayant survécu environ 170 ans.

Ces caractéristiques sont typiques des véritables ukiyo-e d’époque et doivent être comprises dans le contexte de l’ancienneté de l’œuvre. Les remarques individuelles sur l’état sont fournies par souci de transparence et ne signifient pas que l’estampe se trouve en mauvais état.


État

L’estampe se trouve dans un bon état général pour une œuvre ancienne.

Elle présente une usure cohérente avec son âge, quelques salissures superficielles et des plis de manipulation. Les couleurs restent globalement bien conservées et conservent une importante force visuelle.

Nous recommandons d’examiner attentivement les photographies détaillées, qui font partie intégrante de la description de l’état et permettent d’observer de près le papier, les couleurs, les marges et la surface conservée.

L’estampe est encadrée individuellement et vendue complète avec son cadre, prête à être accrochée.


Caractéristiques principales

  • Artiste : Utagawa Kuniyoshi (1797–1861)
  • Série : Wakan Nazorae Genji (和漢准源氏)
  • Traduction de la série : Comparaisons japonaises et chinoises pour les chapitres du Genji
  • Chapitre : Chapitre Un – Kiritsubo (桐壺, « Le Pavillon du Paulownia »)
  • Sujet : Chichibu Shōji Shigetada / Hatakeyama Shigetada guidant son cheval à Hiyodorigoe
  • Contexte historique : Guerre de Genpei, bataille d’Ichi-no-Tani
  • Date de l’épisode historique : 1184
  • Genre : Musha-e / estampe guerrière
  • Technique : Nishiki-e, estampe polychrome sur bois
  • Dimensions : Environ 38 × 26 cm
  • Éditeur : Ise-Yoshi
  • Date : 1855–1856
  • Période : Fin de l’époque Edo
  • Référence catalogue : Robinson S88.1
  • Impression : Estampe japonaise ancienne originale
  • Provenance : Collection du Dr Eugen Milch (1889–1958)
  • Provenance ultérieure : Par descendance au sein de la famille
  • État : Usure liée à l’âge, salissures superficielles et plis de manipulation ; couleurs globalement bien conservées
  • Présentation : Encadrée individuellement
  • Cadre : Inclus – prête à être accrochée

Une spectaculaire estampe originale ukiyo-e de la fin de l’époque Edo par Utagawa Kuniyoshi, issue de la série Wakan Nazorae Genji de 1855–1856, associant le premier chapitre du Dit du Genji, « Kiritsubo », à la légendaire descente de Hatakeyama Shigetada à Hiyodorigoe pendant la guerre de Genpei. Le puissant cheval rouge, les guerriers richement armés et le paysage rocheux escarpé illustrent la narration visuelle dynamique qui fit de Kuniyoshi l’un des plus grands maîtres du musha-e. Publiée par Ise-Yoshi, répertoriée sous Robinson S88.1 et conservée avec une provenance de la collection du Dr Eugen Milch, cette estampe originale encadrée associe référence littéraire, légende guerrière et maîtrise de la gravure sur bois de la fin de l’époque Edo.

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