Une petite bannière s’élevant au-dessus d’une armure de samouraï peut changer notre lecture de l’ensemble. Il ne s’agissait pas d’une simple décoration : un sashimono pouvait aider à identifier un guerrier dans la confusion de la bataille.
De nombreux exemplaires ressemblent à de petites bannières, mais le terme apparaît aussi dans les inventaires de musées pour désigner des insignes dorsaux de formes moins familières. Pour comprendre un sashimono, il faut observer à la fois le signe qu’il portait et les éléments qui le reliaient à l’armure.
Qu’était un Sashimono ?
Un sashimono était un identifiant personnel ou militaire porté dans le dos avec l’armure japonaise. Le Metropolitan Museum of Art décrit des exemplaires utilisés par les soldats pour l’identification sur le champ de bataille, montés derrière la cuirasse sur une hampe en forme de L. Les bannières pouvaient porter un emblème familial ou un autre symbole distinctif.
Le système de fixation est essentiel. Un sashimono était conçu pour être porté comme partie intégrante de l’armure ; sa hampe et ses montures devaient donc se fixer à l’arrière de la cuirasse. Le Met décrit une forme courante comme une bannière ou un drapeau personnel attaché à une tige de bambou.
Cette position distingue le sashimono du maedate, l’ornement placé à l’avant d’un casque. Tous deux pouvaient présenter une iconographie signifiante, mais ils occupaient des emplacements différents et remplissaient des fonctions distinctes dans l’organisation visuelle de l’armure.
Bien plus qu’une bannière en tissu
La bannière est la forme que beaucoup imaginent d’abord : une pièce de textile portée sur une hampe. Les collections muséales documentent toutefois des sashimono qui s’éloignent de cette forme familière.
Un exemplaire du XVIIIe siècle conservé au Met utilise des boules de bois fixées à des tiges flexibles en fanons de baleine. Le musée indique qu’en mouvement, les boules se seraient entrechoquées en produisant un claquement. L’objet servait ainsi d’identifiant personnel tout en créant un effet sonore.
Un autre registre du Met identifie un ornement dorsal associant un sashimono à un uma-jirushi, un insigne militaire. Ses matériaux comprennent le bois, la laque, l’or et la laine.
Ces exemples rappellent un point important : lorsqu’un musée ou un vendeur qualifie un objet de sashimono, il faut examiner l’objet documenté lui-même. Il ne faut pas supposer que tous les exemplaires sont des bannières rectangulaires en tissu.
Que communiquaient les motifs ?
Certains sashimono portaient des emblèmes familiaux ou d’autres signes d’identification. Ces motifs permettaient de distinguer des individus ou des groupes, mais l’identification d’un symbole ne suffit pas, à elle seule, à établir l’histoire d’un objet précis.
Le registre du Met consacré à un sashimono textile décrit un emblème central formé de cercles entrelacés, un motif utilisé par plusieurs familles japonaises et particulièrement associé aux Wakisaka. Cet exemple montre pourquoi un motif doit être comparé à des références documentées plutôt que considéré comme une preuve définitive de propriété.
Lors de l’examen d’un motif, commencez par décrire ce qui est visible : sa forme, ses couleurs, sa disposition et ses matériaux. Vérifiez ensuite si un musée fiable ou une source spécialisée identifie l’emblème. Cette identification documentée doit rester distincte de toute affirmation concernant la personne qui aurait porté une bannière survivante particulière.
Comment un Sashimono était-il fixé ?
Un étendard porté dans le dos nécessitait un support le reliant à l’armure. Les inventaires de collections décrivent des hampes et des montures fixées à l’arrière de la cuirasse, mais l’agencement précis peut varier selon les objets.
Lorsque vous examinez une armure complète, recherchez un support ou un logement à l’arrière de la cuirasse et observez sa relation avec l’étendard. Il ne faut pas supposer qu’un sashimono isolé et une armure distincte formaient à l’origine un même ensemble simplement parce que leur style ou leurs couleurs semblent compatibles.
Les photographies prises de face peuvent ne pas montrer ce système. Demandez une vue arrière de l’armure, des gros plans des fixations et des images de l’étendard sous plusieurs angles.
Ce que les collectionneurs peuvent examiner
Un examen attentif devrait porter à la fois sur l’étendard et sur son système de fixation :
- Matériau : L’élément visible est-il en textile, en bois ou dans un autre matériau ? Vérifiez que la description est bien étayée par la fiche de l’objet.
- Hampe et fixations : Recherchez les éléments qui auraient relié l’étendard à l’armure.
- Surface et état : Relevez les déchirures, pertes, réparations, décolorations ou dommages sans spéculer sur leur cause.
- Motif : Notez l’emblème visible avant de vous fier à une identification proposée.
- Association : Recherchez une documentation, des photographies anciennes ou des sources spécialisées étayant un lien supposé avec une armure ou un porteur.
Évitez d’insérer une hampe dans une armure ancienne ou de manipuler des fixations fragiles pour tester leur fonctionnement. La documentation existante et l’examen par un spécialiste sont des moyens plus sûrs de comprendre la construction.
Lire l’armure dans son ensemble
Un sashimono prend tout son sens lorsqu’il est considéré comme un élément de l’organisation générale de l’armure. La cuirasse supporte la fixation ; l’étendard s’élève derrière le porteur ; sa forme et son motif contribuent à l’apparence que l’ensemble devait offrir à distance.
Lorsque vous explorez les Gusoku et Yoroi de la collection Supein Nihonto, observez l’arrière de chaque armure autant que l’avant. Une fixation visible ou un sashimono documenté peut révéler un autre aspect de la construction de l’armure et de la manière dont elle était destinée à être présentée.
Questions fréquentes sur les Sashimono
Que signifie sashimono ?
Le terme sashimono désigne un étendard ou un signe d’identification monté dans le dos et associé à l’armure japonaise. De nombreux exemplaires prennent la forme d’une petite bannière, même si les collections muséales documentent aussi d’autres formes.
Pourquoi les samouraïs portaient-ils des sashimono ?
Les sashimono pouvaient servir à identifier un guerrier ou un groupe sur le champ de bataille. Leurs motifs pouvaient inclure des emblèmes familiaux ou d’autres signes distinctifs.
Où un sashimono était-il fixé ?
Il était monté à l’arrière de la cuirasse au moyen d’une hampe et de fixations de soutien. L’agencement peut varier selon les exemplaires conservés.
Tous les sashimono étaient-ils en tissu ?
Non. Les bannières textiles sont les exemples les plus familiers, mais les collections muséales conservent également des insignes dorsaux réalisés dans des matériaux tels que le bois, la laque, le métal et les fanons de baleine.
Un sashimono est-il la même chose qu’un maedate ?
Non. Le sashimono était monté à l’arrière de l’armure. Le maedate est un ornement frontal placé sur un casque.
Un emblème familial sur un sashimono prouve-t-il qui l’a porté ?
Non, pas à lui seul. Un même motif peut être associé à plusieurs familles ou groupes. Identifier le motif n’est qu’une partie de la recherche sur l’histoire de l’objet.



